L’art du chef d’orchestre

De ses mains et de ses mouvements naît la musique et pourtant le chef d’orchestre ne produit pas de son par lui-même. Il a besoin de l’orchestre ! Et lorsque cette collaboration fonctionne, c’est la magie.

La fonction de chef d’orchestre a évolué au cours des siècles. Lorsque les formations étaient de petite taille, un musicien de l’orchestre, souvent le premier violon ou le claveciniste, jouait ce rôle. L’orchestre prenant de l’ampleur avec les compositions de la fin du XIXe siècle notamment, il devient indispensable d’avoir un vrai chef à la direction. Le premier chef d’orchestre de métier fut le pianiste et compositeur Hans von Bülow. Le meilleur chef d’orchestre de tous les temps a probablement été Gustav Mahler. Malgré ses origines juives, véritable obstacle dans la Vienne de la fin du XIXe siècle, il devient chef de l’Opéra de Vienne en 1897. Ses compositions, interdites par le régime hitlérien, ont été inconnues jusque dans les années 1960, lorsque Leonard Bernstein les présente au public. Bernstein, lui-même chef d’orchestre exceptionnel, affirme : « Pendant que je dirige je suis complètement perdu dans la musique et avec mes musiciens. Je respire avec eux, nos cœurs battent ensemble ».

« L’important, même pour les gens qui pratiquent l’art musical uniquement par passion, c’est peut-être le témoignage, l’authenticité de ceux qui gardent des chefs — anciens ou contemporains — le souvenir d’une présence. Donc, d’une transmission de l’acte musical qui consiste à «faire passer un souffle». » (Extrait de l’article Chefs professionnels et ensembles amateurs: un magnifique challenge, de Bernard Laronde, publié en juillet 2014 dans la Revue musicale suisse)

Quelques chefs mythiques:

  • Arturo Toscanini, il dirige au pied levé et de mémoire Aïda en 1886 à Rio. La légende commence, son répertoire comprend plus de 600 œuvres toutes dirigées par cœur.
  • Wilhelm Furtwängler, il succède à Richard Strauss comme chef des concerts symphoniques de l’Opéra de Berlin. Spécialiste incontesté de Beethoven, il a créé une grande partie du répertoire de son époque.
  • Bruno Walter, assistant de Gustav Mahler, il devient chef de l’Opéra de Munich. Il fonde le Festival de Salzbourg où il dirige jusqu’à l’arrivée des nazis au pouvoir.
  • Herbert von Karajan, incontournable évidemment (Philharmonia Orchestra de Londres, Orchestres philharmoniques de Berlin et de Vienne, Orchestre de Paris …), il est incontestablement la star des chefs.
  • Claudio Abbado, récemment disparu, a été le premier à associer des orchestres de jeunes à  la vie musicale européenne.

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Les chefs d’orchestre servent-ils à quelque chose? C’est la question que s’est posée Alessandro D’Ausilio, de l’Institut de Technologie italien à Gênes, dont la réponse est rapportée dans Slate.fr.

Autre document intéressant: la page « Le chef d’orchestre, théorie de son art« , tirée du Traité d’instrumentation et d’orchestration d’Hector Berlioz.

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