Apprenti quoi ? A, I, D ! Agent en Information Documentaire. Parce qu’on est trop bien pour être juste bibliothécaire

L’éternel souci d’un apprenti au service de l’information documentaire, ce n’est pas seulement d’expliquer en quoi consiste exactement son métier à son entourage, mais c’est surtout de leur traduire l’acronyme barbare qui le décrit.

Voici les faits : nous sommes apprentis Agent en Information Documentaire. A, I, D. Rien que ça. En général, l’interlocuteur qui vous a demandé ce que vous faisiez dans la vie est perdu entre deux sentiments :

Le premier : se méfier de vous… il y a quand même les mots « agent » et « information » qui se succèdent dans l’intitulé, ça ne peut qu’être suspect. Vous êtes certainement un espion à la solde de l’Etat qui récolte des informations gênantes dans le but de nuire (ce qui, dans 90% des cas, n’est pas totalement faux).

Le deuxième : feindre l’évidence en opinant du chef et disant: « Ahhh oui, je vois tout à fait », alors qu’il ne voit rien du tout. Ou alors faire acte de rédemption et admettre qu’il n’a strictement aucune idée ce que pourrait bien être les tâches liées à cette nouvelle profession.
« De toute façon, ils ne font que créer des métiers qui n’existaient pas avant et dont on a pas besoin ! »

Quand l’éventuel besoin d’explications est formulé par ladite personne, nous avons souvent envie de résumer les faits pour éviter un nouveau débat sur notre occupation. On se présentera alors comme bibliothécaire, archiviste ou documentaliste, car cette formation vous permet effectivement de travailler dans ces trois domaines. On sait que l’on ne dit pas vraiment la vérité, car dans les faits, nous ne sommes pas bibliothécaires. Et on nous le répète assez souvent !

Un AID pour de vrai

Un AID qui se présente comme bibliothécaire, ça fait grinçer des dents les « vrais » bibliothécaires. «Parce que bon, on va quand même pas rabaisser notre profession ! »
Il est vrai que la formation n’est pas la même. En fait, il en existe deux :

1. Le CFC d’AID (Agent en Information Documentaire, je crois que vous avez compris depuis le temps)
2. Le Bachelor of Science en Information Documentaire, autrement appelé : Le SID (pour Spécialiste en Information Documentaire)

C’est très clair, le cahier des charges de l’un n’est pas équivalent à celui de l’autre (bien qu’un SID se dira toujours capable de faire le travail d’un AID et qu’un AID dira toujours qu’un SID ne sert à rien) ! Mais pourtant, au milieu de ce mélange d’acronymes incompréhensibles, il y a notre domaine : les documents.

Peu importe notre titre, nous sommes deux passionnés qui avons en commun l’envie de rendre accessible à tous les milliers de documents que nous passons des heures par jours à traiter. Nous en prenons soins de ces livres, de ces revues, de ces e-book, de ces DVD, de ces CD, de ces partitions, de ces cartes, de ces lettres, de ces factures de vin du Grand Conseil, de vos factures d’électricité mal classées que vos descendants nous apporterons dans un carton déchiré, de ces mémoires, de ces thèses… Enfin bref, nous travaillons de concert pour que cette essence primordiale qu’est l’information, soit toujours à disposition du public et ce, dans les meilleures conditions possibles.

Car être bibliothécaire, archiviste ou documentaliste, ce n’est pas lié à notre formation. Un AID et un SID auront, au final, les mêmes objectifs professionnels : prendre plus soin d’un livre… que d’un être humain.

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Et rappelons tout de même, que contrairement aux idées reçues, nous ne sommes pas des personnes austères incapables de faire preuve d’humour ou d’autodérision. Nous le savons bien, nous avons besoin des AID, nous avons besoin des SID, nous avons également besoin de nos usagers. Ce dont on se passerait bien, ce sont ces acronymes incompréhensibles. ABE…

article rédigé par Luc Meuwly, apprenti AID de 3ème année.

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