Le clavecin

Qui n’a jamais entendu, derrière un ensemble baroque, le tintillement métallique du clavecin ?  Bien plus qu’une noble machine à clous, tel qu’on a pu parfois le percevoir, cet instrument est tout à fait propice à exprimer des émotions diverses et a servi, de 1500 à presque 1800, un répertoire soliste fascinant d’inventivité.

Sa mécanique à cordes pincées et étouffoirs qui crée une sonorité précise et résonante le différencie du piano qui n’est en réalité pas son ancêtre mais plutôt son jeune cousin. Contrairement au piano, et de même qu’à l’orgue, il n’est pas possible avec cet instrument de varier l’intensité du son par le toucher. L’exécutant doit alors utiliser d’autres moyens pour faire parler la musique qu’il joue : l’articulation (espace entre les notes), le phrasé, le jeu rythmique et la gestion de la résonance. Dès la seconde moitié du XXe siècle, des constructeurs d’instruments se sont intéressés de près aux modèles historiques et ont construit des instruments selon les techniques anciennes et en respectant différents styles de facture. A une même période, cet instrument caméléon prenait des formes différentes en Italie, en France, en Allemagne ou encore en Angleterre, suivant les traditions musicales de chaque région.

Laissez-vous surprendre par notre sélection de documents et d’enregistrements issus des collections musicales de la BCUL site Riponne ! Découvrez ainsi cet instrument, des clavecinistes d’exception de plusieurs générations, et un répertoire passionnant, de l’originalité virtuose de l’école anglaise aux pièces de caractères françaises, en passant par les premières sonates de Mozart ou Haydn et jusqu’aux compositeurs du XXe siècle comme Ligeti et Ohana, sans parler du rôle de première importance qu’il joue dans l’accompagnement de la musique baroque…

Article rédigé par Adrien Pièce, stagiaire et organiste

Image : clavecin, Collection Musée de la musique, Philharmonie de Paris, Clavecin Andreas Ruckers, Anvers, 1646.

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